ROGER FEDERER, y a-t-il eu un déclic lors de la rencontre pour expliquer cette victoire face à Nadal ?
R.F. : Pour être honnête, depuis samedi soir, j'avais l'impression que je pouvais faire quelque chose dimanche. J'ai imaginé les scénarii du match, les choix tactiques de Nadal. Le mois dernier à Monte-Carlo, ce fut différent. Je suis entré sur le court en me disant que j'allais voir comment cela allait se passer. Aujourd'hui, même quand je me suis retrouvé mené une manche à rien et avec une balle de break à 1-1, je savais ce que j'avais à faire. Je n'étais pas nerveux, même si le début de la rencontre ne s'est pas passé comme je l'espérais. J'ai commencé à jouer plus long, à l'éloigner de la ligne de fond de court, j'ai pris l'initiative.
Vous battez Nadal sur sa surface de prédilection alors que vous êtes désormais sans entraîneur: est-ce un hasard ?
R.F. : J'ai toujours su ce qu'il fallait faire pour le battre sur terre battue, mais j'ai toujours joué comme il ne le fallait pas. L'important, c'est de l'empêcher de dicter le rythme, il faut le dominer à ce niveau là. Il faut être tout le temps très agressif contre lui: c'est ce que j'ai réussi à faire dans les deux dernières manches.
Cette victoire est-elle un tournant pour vous permettre de remporter, enfin, Roland-Garros, le seul tournoi du Grand Chelem qui manque à votre palmarès ?
R.F. : C'est possible. J'aborde Roland Garros avec beaucoup de confiance : je vais prendre quelques jours de repos, j'attends ce tournoi avec impatience. C'est un grand jour pour moi, même si je ne pense pas que je jouais mal ces dernières semaines: j'étais en finale à Monte Carlo et je remporte de nouveau un tournoi sur terre battue après deux ans sans titre sur cette surface, ce n'est pas si mal, non ? Mon parcours jusqu'en finale a pu paraître laborieux, mais c'est parce que j'ai eu des adversaires difficiles. Je tiens aussi à dire que ce qu'a fait Rafa, avec ses 81 victoires consécutives, incite au respect.